RPS en entreprise : salariés et dirigeants logés à la même enseigne

L'essentiel

Les risques psychosociaux (RPS) regroupent le stress, l'épuisement, le harcèlement et les violences liés au travail. Fin 2025, 47 % des salariés français étaient en détresse psychologique, et 82 % des dirigeants de TPE-PME et ETI déclaraient au moins un trouble physique ou psychologique. Les RPS touchent donc toute l'entreprise, dirigeants compris, et se préviennent en détectant les signaux faibles et en ouvrant le dialogue.

Que sont les risques psychosociaux (RPS) ?

Les risques psychosociaux désignent les risques pour la santé mentale, physique et sociale liés aux conditions de travail et aux facteurs organisationnels et relationnels. Ils se traduisent notamment par du stress, de l'épuisement professionnel (burn-out), du harcèlement ou des violences.

On distingue généralement six grandes familles de facteurs de risque :

  • L'intensité et le temps de travail : surcharge, horaires, pression ;
  • Les exigences émotionnelles : contact avec la souffrance, tensions avec le public ;
  • Le manque d'autonomie et de marges de manœuvre ;
  • Les rapports sociaux dégradés : manque de reconnaissance, conflits ;
  • Les conflits de valeurs : devoir agir contre ses convictions ;
  • L'insécurité de la situation de travail.

Un dirigeant reçoit un jour son n-1 en entretien annuel. Le salarié évoque une charge de travail devenue ingérable, des nuits courtes, l'impression de ne jamais vraiment décrocher. Le dirigeant l'écoute, compatit, promet de revoir l'organisation sans jamais mentionner qu'il vit exactement la même chose depuis six mois, en pire, et sans personne à qui le dire.

Cette scène, banale dans beaucoup d'entreprises, résume assez bien où en sont les risques psychosociaux (RPS) aujourd'hui en France : un sujet qu'on associe presque automatiquement aux salariés, alors que les chiffres montrent qu'il concerne tout autant ceux qui les dirigent.

Quelle est l'ampleur des RPS chez les salariés ?

Les baromètres qui suivent la santé mentale au travail depuis plusieurs années convergent tous vers le même signal : rien ne s'améliore, malgré une prise de conscience réelle.

des salariés français sont en détresse psychologique fin 2025

présentent un risque de burn-out en 2025

des salariés déclarent avoir été confrontés à des RPS en 2025

risques rps

Pourquoi les dirigeants sont-ils aussi exposés aux RPS ?

C'est le point le moins commenté, alors qu'il change la donne. Un chef d'entreprise n'a, par définition, personne à qui signaler sa propre détresse : pas de n+1, pas de service RH pour lui-même, pas toujours de médecine du travail adaptée à sa fonction.

Résultat : la fatigue s'accumule en silence, jusqu'à ce qu'elle devienne visible dans les chiffres.

des dirigeants de TPE-PME et ETI déclarent souffrir d'au moins un trouble physique ou psychologique

ont déjà envisagé d'abandonner leur activité à cause de la fatigue mentale

des dirigeants de PME se disent stressés au quotidien

Le dirigeant fatigué n'est pas qu'un problème personnel. Un chef d'entreprise en épuisement prend de moins bonnes décisions, communique moins bien, et fragilise directement la stabilité de sa structure, particulièrement en TPE-PME, où il n'y a pas de filet organisationnel derrière lui pour absorber le choc.

Combien coûtent les RPS à l'entreprise ?

Au-delà de l'humain, les RPS ont un coût économique documenté, qui parle souvent plus fort en comité de direction que les statistiques de bien-être :

coût annuel moyen de l'absentéisme par salarié pour l'entreprise

coût annuel estimé des dépressions liées au travail en Europe (absentéisme, présentéisme, perte de productivité)

des journées de travail perdues sont imputables au stress (INRS)

À cela s'ajoutent des effets moins visibles mais tout aussi coûteux : turnover, perte de savoir-faire, dégradation du climat social, et un risque juridique réel pour l'employeur en cas de harcèlement avéré ou de manquement à l'obligation de sécurité.

Comment prévenir les RPS en entreprise ?

Concrètement, les leviers qui reviennent dans les études :
● détecter les signaux faibles avant qu'ils ne deviennent des arrêts longue durée (irritabilité, fatigue persistante, désengagement),
● ouvrir des espaces de parole réguliers,
● normaliser le sujet au niveau managérial plutôt que le traiter comme un aveu de faiblesse.

C'est tout l'enjeu des actions de sensibilisation en entreprise (ateliers sur la gestion du stress, le sommeil ou la charge mentale) que des acteurs comme Parysian proposent.

Les RPS ne sont plus un sujet périphérique : ils sont devenus, selon plusieurs baromètres récents, le premier risque professionnel en France, et ils ne s'arrêtent pas à la porte du bureau du dirigeant. Traiter le sujet uniquement sous l'angle du salarié, c'est laisser de côté la moitié de l'équation et un facteur de risque majeur pour la pérennité de l'entreprise elle-même.

Rédigé par William Parys, fondateur de Parysian

William accompagne les entreprises et les dirigeants sur la qualité de vie au travail, la gestion du stress et la performance durable. En savoir plus

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